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lundi 20 mars 2017

Insecte à pattes ravisseuses : Mante religieuse - Mantis religiosa - European mantis


Insectes d'Europe - Mantoptères méditerranéens - Photos d'insectes
 
(Sous réserve de bonne identification)




Ordre : Mantodea
Famille : Mantidae
Genre : Mantis
Espèce : Mantis religiosa

Mots-clés : Mantidae Mantis Mante




Tout d'abord, la mante religieuse est un insecte puisqu'elle possède 3 paires de pattes. Les mantes appartiennent à l'ordre des dictyoptères, tout comme les blattes et les termites. Etonnant non ? Pour les différencier au sein de cet ordre, on précise : Dictyoptera Mantodea.

D'un point de vue purement entomologique les mantes relèvent plus des Orthoptèroïdes (pour être précis des Mantoptères). Pour ma part je préfère cette seconde classification qui me semble plus logique, car je trouve les mantes bien plus proches des orthoptères (courtilières, grillons, sauterelles, criquets...) que des blattes ou des termites. Je dois avouer que ces guerres de clocher, enfin de classification, m'agacent un peu...

Les mantes sont des insectes diurnes, exclusivement carnassiers. Elles préfèrent de loin les lieux chauds et ensoleillés. Vous les trouverez le plus souvent dans les herbes hautes, les broussailles et les buissons.

Il existe à travers le monde de 1800 à 2000 espèces de mantes dont seulement une petite douzaine sont présentes en France et plus particulièrement en région méditerranéenne.

Seule la mante religieuse (en anglais Praying mantis) a réussi à peupler des régions plus nordiques puisqu'on la retrouve même au-dessus de la Loire dans des "poches de population" : Ile des France, Alsace, Lorraine, Champagne). La mante religieuse a même été introduite au Québec et dans l'Ontario.


Morphologie

Comme tout insecte la mante possède 3 paires de pattes, dont une paire très particulière. En effet, la première paire de pattes, est spécialisée dans la capture des proies. On appelle ces pattes : "pattes ravisseuses". La mante ne peut donc utiliser ces pattes pour se déplacer. Par conséquent, elle marche à "quatre pattes" sur les deux autres paires de pattes nommées "pattes déambulatoires".

Le corps des mantes est formé d'une tête, généralement triangulaire, d'un thorax avec un prothorax (premier élément du thorax) très long, comparable à un cou, et un abdomen.

Les pattes ravisseuses possèdent des dents pointues et un crochet très efficace qui sert à "harponner" les proies. Elles sont aussi munies de "faux yeux" (ocelles) destinés à effrayer un ennemi potentiel.

Les mantes adultes sont dotées de deux paires d'ailes : une paire protectrice, cornée, et une paire d'ailes membraneuses repliées sous les autres ailes. Seul le mâle arrive à voler à peu près correctement. La femelle, trop lourde (surtout lorsqu'elle porte ses œufs) est clouée au sol.

La tête des mantes possède latéralement deux gros yeux à facettes très efficaces. Trois yeux simples, situés sur le front, entre les antennes, viennent compléter l'appareil visuel de la mante. La vue des mantes est très bonne, ce qui est assez rare chez les insectes. La tête des mantes est très mobile est permet des rotations pratiquement à 180° dans les deux sens, ce qui est fort utile pour surveiller les environs sans bouger.


Les principales mantes de France

Je ne vais pas vous présenter toutes les mantes, mais seulement les plus caractéristiques. Chez certaines mantes, il existe un dimorphisme sexuel important. En effet le mâle est souvent plus petit que la femelle.

La mante religieuse peut être verte, brune ou jaunâtre (assez rare). Ce ne sont pas des espèces différentes, juste une couleur qui change. Il y a bien des blonds, des bruns ou des roux chez les humains… La mante religieuse femelle peut mesurer jusqu'à 7,5 centimètres de long (ce qui en fait un des plus grands insectes de France) alors que le mâle atteint rarement six centimètres. Par contre, cette différence de taille (et donc de poids) permet au mâle de voler alors que la femelle est le plus souvent clouée au sol.

La mante ocellée ou "Déesse de Saussure" est une mante plus petite. La taille de la femelle ne dépasse que rarement 45 millimètres. Les ailes de ces mantes sont colorées et présentent des taches d'apparence vitreuse (hyalines, en bon français) et des taches violacées tirant sur le noir.

La mante testacée est encore plus petite (27 mm), et le dimorphisme sexuel est absent. Sa coloration peut être jaune blanchâtre, gris brunâtre ou carrément noire. Les ailes de la femelle sont atrophiées alors qu'elles sont bien développées chez les mâles.

Ameles spallanziana est une cousine de la mante précédente. Elle peut être brune, verte ou grise, mais fait intéressant, elle peut être également bigarrée. Certains spécimens sont vraiment très beaux.
 
L'empuse ou diablotin pour les jeunes immatures possède sur la tête deux protubérances allongées et pointues que l'on compare souvent à une mitre. Il est impossible de la confondre. La femelle est toujours plus grande que le mâle (de 54 à 67 mm contre 47 à 61 mm).


Une chasseuse hors pair
 
Les mantes sont d'excellentes chasseuses. En effet, leur forme et leur couleur constituent un camouflage efficace, propice à la chasse à l'affût. Elles ne mangent que des proies vivantes.

Une mante en chasse prend une posture très particulière que certains apparentent à une prière, d'où le nom de mante religieuse. En y regardant de plus près cette posture fait plus penser à la position d'un boxeur sur le ring, poings serrés et bras ramenés sur lui, prêts à se déployer en une fraction de seconde.

Dissimulée et immobile dans l'herbe ou dans un buisson, la mante attend le passage d'un insecte. Elle déploie alors ses pattes "ravisseuses" a une vitesse stupéfiante et capture sa proie : sauterelle, papillon, criquet, mouche…). Rien ne lui fait peur. Certaine mantes "exotiques" capturent même de petits lézards ainsi que des oisillons.

Les mantes commencent toujours par rompre le cou des victimes. En fait, elles détruisent le centre nerveux, de leurs proies qui, lobotomisées, ne se défendent plus.

L'empuse quand à elle se contente de proies plus petites que la mante religieuse.

Cependant, les mantes possèdent aussi des ennemis, comme les oiseaux ou les reptiles, et ce, malgré leur camouflage. Alors, lorsque la mante craint pour sa vie, elle ouvre grand ses ailes, les fait vibrer, ce qui provoque un bruissement (que certains comparent à celui d'un serpent à sonnette) lève ses pattes ravisseuses au ciel, puis les écarte pour tenter d'effrayer son agresseur avec les faux yeux.


Une croqueuse de mâles

A la fin de l'été, le mâle qui a envie de copuler s'approche prudemment, par l'arrière, de la femelle. A l'aide de ses pattes ravisseuses, il grimpe sur le dos de sa conquête et s'y maintient fermement. Si elle n'est pas "réceptrice", le mâle a out intérêt à repartir très vite. Si la femelle est "réceptrice", elle autorise le mâle à tourner son abdomen pour le faire coïncider au sien. L'accouplement a donc lieu légèrement sur le côté. Et le mâle n'est pas du genre fainéant ! La copulation dure plusieurs heures, parfois toute une journée ! Prenez-en de la graine messieurs ! Mais rassure-vous, il n'y a rien là de bien excitant. Pas de soupirs, pas de grognements, pas de mouvements saccadés, la calme plat, désespérément plat… Pendant ce temps, madame ne fait rien, elle patiente, s'ennuie, et il lui vient souvent une petite faim...

A la fin de son exercice, le mâle a tout intérêt à filer à l'anglaise au plus vite, car c'est souvent lui la proie la plus proche. On raconte même que certaines femelles commenceraient à manger le mâle alors qu'il n'a pas encore terminé son travail. Ainsi décapité, il n'aurait pas la tête à autre chose et pourrait se concentrer sur son ouvrage...

Le célèbre entomologiste Jean-Henri Fabre a décrit dans ses "Souvenirs entomologiques" l'accouplement en ces termes merveilleux : "La mante, dans bien des cas, n'est jamais assouvie d'embrassements et de festins conjugaux. Après un repos de durée variable, la ponte déjà faite ou non, un second mâle s'accepte, puis se dévore comme le premier. Un troisième lui succède, remplit son office et disparaît mangé. Un quatrième a semblable sort. Dans l'intervalle de deux semaines, je vois ainsi la même Mante user jusqu'à sept mâles. À tous, elle livre ses flancs, à tous elle fait payer de la vie l'ivresse nuptiale".

Sans remettre en cause le sérieux de cet homme, je n'ai nulle part observé un tel comportement, et nul autre texte de ma connaissance n'a relaté un tel comportement. En fait, dans la nature il arrive quand même que le mâle s'en sorte indemne. Si tel n'était pas le cas, il faudrait que la proportion de mâles soit sept fois supérieure à celle des femelles. Et c'est loin d'être le cas.

Par contre, en laboratoire ou en terrarium il semblerait que la fréquence des cas de cannibalismes soit supérieure, mais ceci serait dû tout simplement à une sous-alimentation des femelles avant la reproduction. En effet, à cette période où elle fabrique les œufs, la femelle a besoin de plus de nourriture qu'en temps normal.

Quoi qu'il en soit, environ une semaine plus tard, la mante dépose un sac à œufs (parfois, deux), nommé oothèque, sur un support (branche, mur, pierre…). En fait, la mante expulse par l'extrémité de son abdomen une substance qu'elle brasse pour y emprisonner des bulles d'air et qui ressemble dans un premier temps à de la mousse et qui en durcissant à l'air se transforme en une matière très solide. Dans le même temps elle y pond les œufs à l'intérieur. Trois ou quatre cent œufs sont ainsi répartis dans cette matière avant qu'elle ne se solidifie.

A présent, les œufs sont protégés du froid. Il ne faut pas croire que tout est rose pour ces œufs. En effet, des prédateurs veillent, et particulièrement un petit insecte de la famille des guêpes en profite pour pondre ses œufs dans l'oothèque grâce à une tarière très efficace. Ses larves se nourriront d'œufs de mantes avant de sortir de l'oothèque.

Les premiers frimas, accompagnés de la raréfaction de la nourriture, ont raison des parents. Les œufs passent donc l'hiver bien à l'abri dans l'oothèque, et au printemps (en mai/juin voire juillet suivant les espèces et la température) les petits orphelins voient le jour.

Dès la sortie de l'oothèque les mantes ressemblent aux adultes, mis à part les ailes qui ne viendront qu'à la dernière mue.

Compte tenue de leur petite taille les jeunes mantes ne peuvent s'attaquer aux criquets ou autres gros insectes. Elles se contentent pour l'instant de proies plus modestes : pucerons, moustiques, mouches… A ce stade là, elle sont des proies faciles pour les lézards, les fourmis etc. Les pertes sont nombreuses et heureusement que les oothèques sont bien garnies. Adultes, elles auront l'occasions de venger la fratrie !

Les mantes effectuent de 5 à 8 mues (suivant les espèces) pour devenir adultes. Certains avancent le chiffre de 12 mues, mais ça me paraît excessif pour les espèces méditerranéennes.

Le cycle des empuses est décalé par rapport aux autres mantes. En effet, elles hivernent sous forme de larve. Par conséquent, leur imago (forme adulte) apparaît plus tôt. La reproduction a lieu en juillet, et les petites empuses (diablotins) naissent très vite. Les empuses adultes disparaissent avant la fin de l'été tandis que les mantes religieuses ne disparaissent qu'en automne. Autre particularité, la femelle empuse ne mange pas le mâle.


Article connexe :
   - Empuse commune (Empusa pennata)


Mante religieuse - Mantis religiosa
Mante religieuse - Mantis religiosa

Mante religieuse - Mantis religiosa
Mante religieuse - Mantis religiosa

Remarque importante : Ces photos sont gratuites et libres de droits. Pour tout usage, même professionnel, vous devez mentionner le nom de l'auteur, Kriss de Niort, et faire un lien vers le blog. Merci.

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